Dans le Liancourtois, une ancienne friche industrielle au cœur d'un projet de territoire
Dans le Liancourtois, une ancienne friche industrielle au cœur d'un projet de territoire
Entre Clermont et Creil, au cœur de l'Oise, le Liancourtois porte une histoire industrielle dense. Saint-Gobain, Caterpillar, Lafarge, autant de noms qui ont façonné ce territoire de 25 000 habitants, désormais labellisé Territoire d'Industrie. Autant de fermetures aussi, qui ont laissé derrière elles des friches vastes et complexes à requalifier. La Communauté de communes du Liancourtois - la Vallée dorée a décidé de reprendre la main et UrbanVitaliz, service public numérique gratuit porté par le Cerema et le Ministère en charge de la Transition Écologique.
De Saint-Gobain à la friche : l'histoire d'un site à réinventer
Pendant des décennies, les 27 hectares qui forment aujourd'hui le cœur de la zone d'activité de Rantigny n'en faisaient qu'un : un seul site, une seule usine Saint-Gobain Isover, spécialisée dans la production de laine de verre pour l'isolation. Lorsque Saint-Gobain a arrêté sa production, le site a été progressivement morcelé. Le groupe y a conservé son centre de recherche pour ses procédés de fabrication de laines minérales qui compte 150 ingénieurs et techniciens de 17 nationalités différentes, et de l'autre côté de la zone, l'usine Lafarge, aujourd'hui Etex, continue de produire. Au cœur de ces 11 hectares restants, en revanche, la situation est plus contrastée : des bâtiments en friche, un transporteur local occupant une partie du site et un projet d'entrepôt logistique abandonné faute de financement.
Face à ce foncier stratégique (à 45 minutes de Roissy-Charles-de-Gaulle, en bordure de la RD 1016) la Communauté de communes du Liancourtois - la Vallée dorée a décidé d’agir. Elle a acquis 4,5 hectares sur ses fonds propres et lancé une étude de requalification globale.
Le site est en partie pollué, deux bâtiments sont à démolir et désamianter. Le scénario retenu par les élus est ambitieux : pépinière d'entreprises, hôtel d'entreprise, sous-traitants industriels. De quoi redonner vie à une zone au fort potentiel économique et renforcer durablement l'attractivité du territoire. Ce scénario d'aménagement est estimé entre 6 et 8 millions d'euros. "Sans subvention, rien n'est envisageable", résume Romain Fournier, directeur de l'aménagement et du développement du territoire.

Un outil pour avancer en connaissance de cause
Face à la complexité du dossier (pollution, financements multiples, acteurs nombreux), la Communauté de communes a sollicité le service public gratuit UrbanVitaliz, proposé par le Cerema, en amont du lancement de l'étude de requalification. "L'avantage d'avoir demandé en amont aux urbanistes d’UrbanVitaliz des éléments, c'est qu'on va pouvoir échanger en connaissance de cause avec le bureau d'études", explique Romain Fournier. Les données transmises ont été directement versées dans le cahier des charges du bureau d'études. L'étude, financée à 70 % par l'Établissement Public Foncier local des Territoires Oise et Aisne (EPFLO), est en cours. Un scénario a été validé par les élus. La phase de faisabilité va maintenant pouvoir démarrer.
"J'ai beaucoup aimé ce système d'agrégation des données, de tout retrouver à un même endroit pour suivre ce dossier, d'avoir un vrai plan d'action, un vrai plan des choses à vérifier, à faire", témoigne Romain Fournier. "Et puis le fait de pouvoir travailler avec d'autres acteurs sur le même dossier, la DDT, l'EPF, en mode projet sur une même fiche partagée, c'est très intéressant."
Romain Fournier prévoit de revenir sur la plateforme pour verser l'étude réalisée, inviter l'EPFLO et découvrir de nouveaux financements. Un deuxième dossier est également en cours de dépôt : une friche commerciale sur la commune de Cauffry, avec un projet de renaturation partielle et de transformation en hôtel-restaurant.

UrbanVitaliz, le coup de pouce public pour redonner vie aux friches
Le foncier est un bien de plus en plus rare, et les friches (anciens logements, équipements publics, usines, espaces commerciaux ou fonciers pollués) sont une ressource précieuse à recycler pour répondre aux objectifs du Zéro Artificialisation Nette et redynamiser les centres-bourgs. Toute commune ou EPCI confrontée à un site délaissé, un bâti vacant ou une friche sur son territoire peut faire appel gratuitement à UrbanVitaliz, un service public d'appui à l'ingénierie et de conseil mis à disposition par le Cerema et la DGALN. Derrière le portail numérique, deux expertes nationales et un réseau de 550 conseillers locaux (DDT, DREAL, EPF, Cerema, CAUE…) prennent en charge chaque dossier déposé pour orienter les communes vers les bons acteurs, les financements pertinents (Fonds vert, LEADER, dispositifs locaux...) et les méthodes adaptées. Depuis 2021, plus de 560 collectivités ont été accompagnées et plus de 72 % d'entre elles agissent sur la base des recommandations reçues. Sollicitez le service ou consultez des exemples d'accompagnement sur urbanvitaliz.fr
Les services publics de conseil pour les autres types de projet des collectivités
Deux autres services publics gratuits sont également disponibles pour accompagner les communes : SOS Ponts pour l'entretien et la réhabilitation des ouvrages d'art communaux, porté par le Cerema, et Mission Adaptation pour les projets d'adaptation au changement climatique, porté par les opérateurs de l’État (ADEME, Cerema, OFB, Agences de l'eau, ANCT, ANAP, Météo-France, Banque des territoires).
Ces services, proposés en étroite collaboration avec les acteurs publics territoriaux de l’ingénierie, proposent aux collectivités et leurs partenaires un conseil adapté à chaque projet pour débloquer et accélérer les démarches. Ils rencontrent un succès croissant avec une satisfaction clairement exprimée des élus.
