À Grasse, une friche industrielle renoue avec l'histoire de la parfumerie

Île d'Oléron : recycler une friche publique pour pallier la tension locative et l'urgence sociale

Sur l'île d'Oléron, 64 % des logements sont des résidences secondaires. Sur les 36 % de résidences principales, une faible proportion est proposée à la location. Pour les entreprises qui cherchent à recruter, cette pénurie est un frein à l'embauche. Il n’y a pas de logements temporaires disponibles pour les saisonniers ou leurs salariés nouvellement embauchés. Quant aux personnes en difficulté, c'est une impasse : il n’existe aucune solution d'hébergement d'urgence sur l'île. La transformation de l'ancienne gendarmerie en Résidence Hôtelière à Vocation Sociale (RHVS) viendra changer la donne pour ces publics lésés.

L'ancienne gendarmerie de l'île, désormais libérée par ses occupants a été complètement repensée pour être transformée en RHVS, un type d'hébergement temporaire qui combine logements accessibles, accompagnement social et accueil économique : 77 appartements (T1/T2), portés par l'Association Laïque du Prado, livraison prévue au printemps 2027 pour une ouverture à l'été 2027.

Le projet répond à des besoins multiples et complémentaires. Pour les entreprises d'abord : elles pourront prendre des baux sur certains logements pour héberger leurs salariés et leurs salariés saisonniers en mobilité, en période d'essai ou en mission ; une réponse directe au frein à l'embauche que représente le manque de location accessible hors hébergements touristiques. Pour les travailleurs ensuite : des chambres de 18 à 20 m² et des T2, disponibles à la journée, à la semaine ou au mois. Pour les personnes en difficulté : 30 % de la capacité sera réservée aux situations d'urgence (115, décohabitation, relogement d'urgence) ; une première sur l'île, qui ne disposait d'aucune solution de ce type d’envergure. Et enfin pour le tourisme hivernal : en dehors de la haute saison, la résidence pourra accueillir des visiteurs, renforçant l'attractivité de l'île sur l’ensemble de l'année. Les travaux ont démarré début novembre 2025.

Vues de l’ancienne gendarmerie et du projet de résidence © Agence Lionel Coutier Architecte

Vues de l’ancienne gendarmerie et du projet de résidence © Agence Lionel Coutier Architecte

Une collectivité rurale face à la complexité des financements

La Communauté de communes de l'île d'Oléron, porteuse du projet, a fait appel lors de sa phase préparatoire à UrbanVitaliz, service public numérique gratuit porté par le Cerema et le Ministère en charge de la Transition Écologique. Porter un projet de cette envergure sur un territoire de 22 000 habitants implique de mobiliser des financements complexes et des partenaires multiples (Fonds vert, prêt Banque des Territoires, rôle des services de l'État, interlocuteurs à mobiliser...) Face à ce défi, la collectivité a su trouver les bons relais.

En quête d’outil d'accompagnement Alain Schiocchet, chargé de mission foncier/habitat à la Communauté de communes de l'Île d'Oléron, a découvert le service public gratuit UrbanVitaliz, proposé par le Cerema. "Simple d'aspect, ça ne jargonne pas, dépôt de dossier facile, des interlocuteurs qui répondent", témoigne-t-il. Le service numérique public a permis d'identifier rapidement les bons financements, dont le Fonds vert, obtenu depuis, et les bons interlocuteurs pour structurer la démarche pas à pas.

UrbanVitaliz, le coup de pouce public pour redonner vie aux friches

Le foncier est un bien de plus en plus rare, et les friches — anciens logements, équipements publics, usines, espaces commerciaux ou fonciers pollués — sont une ressource précieuse à recycler pour répondre aux objectifs du Zéro Artificialisation Nette et redynamiser les centres-bourgs. Toute commune ou EPCI confrontée à un site délaissé, un bâti vacant ou une friche sur son territoire peut faire appel gratuitement à UrbanVitaliz, un service public d'appui à l'ingénierie et de conseil mis à disposition par le Cerema et la DGALN. Derrière le portail numérique, deux expertes nationales et un réseau de 550 conseillers locaux (DDT, DREAL, EPF, Cerema, CAUE…) prennent en charge chaque dossier déposé pour orienter les communes vers les bons acteurs, les financements pertinents (Fonds vert, LEADER, dispositifs locaux...) et les méthodes adaptées. Depuis 2021, plus de 560 collectivités ont été accompagnées et plus de 72 % d'entre elles agissent sur la base des recommandations reçues. Sollicitez le service ou consultez des exemples d'accompagnement sur urbanvitaliz.fr

Les services publics de conseil pour les autres types de projet des collectivités

Deux autres services publics gratuits sont également disponibles pour accompagner les communes : SOS Ponts pour l'entretien et la réhabilitation des ouvrages d'art communaux, porté par le Cerema, et Mission Adaptation pour les projets d'adaptation au changement climatique, porté par les opérateurs de l’État (ADEME, Cerema, OFB, Agences de l'eau, ANCT, ANAP, Météo-France, Banque des territoires).

Ces services, proposés en étroite collaboration avec les acteurs publics territoriaux de l’ingénierie, proposent aux collectivités et leurs partenaires un conseil adapté à chaque projet pour débloquer et accélérer les démarches. Ils rencontrent un succès croissant avec une satisfaction clairement exprimée des élus.