À Grasse, une friche industrielle renoue avec l'histoire de la parfumerie
À Grasse, une friche industrielle renoue avec l'histoire de la parfumerie
Le site Biolandes, 2,6 hectares en plein cœur du Pays de Grasse, ancienne usine liée à la filière parfums et arômes à l'arrêt depuis 2006, connaît aujourd'hui une nouvelle vie. Dans une agglomération où le foncier disponible se raréfie, sa reconversion en zone d'activité économique représente une opportunité précieuse. Un permis de construire est déposé et la livraison est prévue pour 2027-2028, le site retrouvant sa vocation d'origine au service d'une filière qui fait la fierté du Pays de Grasse. Dans la lignée de la loi Climat et Résilience, cette friche artificialisée se transforme sans consommation de foncier supplémentaire. Un projet porté par la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse (CAPG), accompagné par UrbanVitaliz, service public numérique gratuit porté par le Cerema et le Ministère en charge de la Transition Écologique.
Un site sous contrainte, une levée de risque décisive
Dès les premières études, le site Biolandes présentait une contrainte majeure : concrètement, 50 % du site était classé en zone rouge au titre du risque d'inondation, rendant la délivrance des autorisations d'urbanisme particulièrement complexe.
La CAPG a travaillé en direct avec la Direction Départementale des Territoires et de la Mer des Alpes-Maritimes (DDTM 06) pour évaluer les possibilités de restructuration du site. Une étude d’aménagement et une étude hydrologique ont été lancées et les conclusions ont changé la donne : le site n'était pas aussi inondable que la carte d'aléa le laissait penser. L'approbation du nouveau PPRI en 2020-2021 est venue confirmer ces hypothèses hydrauliques et lever définitivement le risque, ouvrant la voie à la restructuration du site.

Un projet complexe, un service public pour lever les zones de flou
Dès 2017, le Président de la CAPG, Jérôme Viaud, a souhaité favoriser une intervention foncière publique sur cette friche industrielle afin d’impulser sa requalification. Plusieurs procédures réglementaires restaient à clarifier, notamment la procédure d'archéologie préventive. C'est dans ce contexte que Gilles Gaveau, directeur aménagement/foncier à la CAPG, a sollicité le service public gratuit UrbanVitaliz, proposé par le Cerema.
Jérôme Viaud précise « La requalification d’une friche industrielle est un projet complexe, qui nécessite de mobiliser les bonnes expertises au bon moment. L’accompagnement proposé par UrbanVitaliz nous a permis de sécuriser certaines étapes et de faire avancer ce projet stratégique pour le Pays de Grasse. Il illustre aussi l’importance, pour les collectivités, de pouvoir s’appuyer sur une ingénierie publique accessible et opérationnelle ».
"Nous avions des questionnements concernant la phase amont de la procédure d’archéologie préventive : à quel stade d’avancement du projet solliciter la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et avec quels prérequis concernant les études préalables ? UrbanVitaliz nous a permis d'obtenir un premier lot de réponses sur le cadre réglementaire et un contact direct au sein de la DRAC. Cela a permis d'éliminer une zone de flou sur cet aspect du projet", témoigne Gilles Gaveau.
Un projet ancré dans l'histoire du territoire
Anciennement dédié à la parfumerie, industrie emblématique de Grasse, le site a été orienté vers des opérateurs de la même filière. Une façon de conjuguer sobriété foncière et préservation du savoir-faire local. L'Établissement Public Foncier (EPF) a porté le foncier le temps des études, avant qu'un opérateur privé ne reprenne le site et engage les travaux.
Dans un territoire où le foncier disponible se raréfie, recycler une friche industrielle déjà artificialisée est devenu une priorité. "On est dans la droite ligne de la loi Climat Résilience : mobiliser nos friches pour installer de nouvelles activités ou produire le logement nécessaire au territoire", souligne Gilles Gaveau.

UrbanVitaliz, le coup de pouce public pour redonner vie aux friches
Le foncier est un bien de plus en plus rare, et les friches — anciens logements, équipements publics, usines, espaces commerciaux ou fonciers pollués — sont une ressource précieuse à recycler pour répondre aux objectifs du Zéro Artificialisation Nette et redynamiser les centres-bourgs. Toute commune ou EPCI confrontée à un site délaissé, un bâti vacant ou une friche sur son territoire peut faire appel gratuitement à UrbanVitaliz, un service public d'appui à l'ingénierie et de conseil mis à disposition par le Cerema et la DGALN. Derrière le portail numérique, deux expertes nationales et un réseau de 550 conseillers locaux (DDT, DREAL, EPF, Cerema, CAUE…) prennent en charge chaque dossier déposé pour orienter les communes vers les bons acteurs, les financements pertinents (Fonds vert, LEADER, dispositifs locaux...) et les méthodes adaptées. Depuis 2021, plus de 560 collectivités ont été accompagnées et plus de 72 % d'entre elles agissent sur la base des recommandations reçues. Sollicitez le service ou consultez des exemples d'accompagnement sur urbanvitaliz.fr
Les services publics de conseil pour les autres types de projet des collectivités
Deux autres services publics gratuits sont également disponibles pour accompagner les communes : SOS Ponts pour l'entretien et la réhabilitation des ouvrages d'art communaux, porté par le Cerema, et Mission Adaptation pour les projets d'adaptation au changement climatique, porté par les opérateurs de l’État (ADEME, Cerema, OFB, Agences de l'eau, ANCT, ANAP, Météo-France, Banque des territoires).
Ces services, proposés en étroite collaboration avec les acteurs publics territoriaux de l’ingénierie, proposent aux collectivités et leurs partenaires un conseil adapté à chaque projet pour débloquer et accélérer les démarches. Ils rencontrent un succès croissant avec une satisfaction clairement exprimée des élus.
