Accompagner les projets de recyclage de friches : dialogue entre UrbanVitaliz et la DDTM 44

UrbanVitaliz est un service public gratuit pour les collectivités nécessitant de l’ingénierie pour débuter leurs projets de recyclage de friches. Des expertes du sujet friches répondent aux interrogations des communes et EPCI, sur les sujets financiers, de méthode, ou d’acteurs à mobiliser pour lancer leurs projets.

L’équipe d’UrbanVitaliz a échangé avec Claire Stutz, cheffe du bureau Accompagnement des territoires et instruction réglementaire à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Loire-Atlantique.

Cet échange avait pour objectif de mieux comprendre comment les rôles d’UrbanVitaliz et de la DDTM s’articulent au service des collectivités, en particulier face à la complexité des projets de reconversion de friches, dans un contexte de Zéro Artificialisation Nette.

Le rôle de la DDTM : une présence territoriale de premier niveau

Au sein de la DDTM de Loire-Atlantique, Claire Stutz pilote un bureau dont la mission est d’accompagner les collectivités dans la conduite de leurs projets d’aménagement, en apportant à la fois conseil, expertise réglementaire et sécurisation des démarches.

La DDTM s’appuie pour cela sur un réseau territorial présent sur l’ensemble du département. Ces référents territoriaux sont les interlocuteurs de proximité des collectivités : ils connaissent les contextes locaux, suivent les projets dans la durée et jouent un rôle clé pour identifier les enjeux, anticiper les points de vigilance et mobiliser, lorsque cela est nécessaire, les compétences des services métier de la DDTM.

Selon la maturité des projets, la DDTM peut intervenir à différents moments du parcours : en appui dès les premières réflexions, ou après un premier aiguillage réalisé par UrbanVitaliz, lorsque les enjeux réglementaires, environnementaux ou patrimoniaux nécessitent un accompagnement plus approfondi.

Les contraintes du recyclage du foncier

La transformation des friches en nouveaux espaces urbains peut s'avérer un véritable casse-tête pour les élus et les aménageurs. Claire Stutz en partage l’expérience : « Réaménager une friche, c’est bien plus compliqué que construire sur un terrain vierge. Les diagnostics prennent un temps fou, et souvent, on tombe sur des surprises : pollution, biodiversité… rien n’est simple. »

Les contraintes ne s’arrêtent pas là. « Quand il s’agit de réhabiliter des bâtiments anciens, il faut jongler avec la réglementation et l’obligation de préserver le patrimoine, ce qui ajoute encore à la difficulté », explique-t-elle. Le réaménagement doit également composer avec l’histoire architecturale du lieu, mais aussi avec le tissu urbain environnant : « Intervenir dans des endroits déjà denses, à côté d’immeubles existants, rend les projets vraiment complexes. »

Le sujet n’est pas nouveau : « La question de la détérioration et de la préservation du bâti ancien, ça fait longtemps que c’est dans le paysage urbain. À un moment, il faut vraiment se demander ce qu’on va en faire et passer à l’action », insiste Claire Stutz.

Au-delà des aspects techniques et réglementaires, la dimension financière pèse également sur les projets. « Souvent, c’est surtout le budget qui bloque. Trouver les bons financements, c’est un combat de tous les jours ».

Claire Stutz met en avant l’importance de confronter les discours aux réalités du terrain : « Pour réussir le réaménagement, il faut des outils sur-mesure, adaptés aux contextes variés des friches, et une vraie volonté collective d’avancer malgré les obstacles. »

Claire Stutz offre un regard précieux sur les coulisses des projets urbains : un équilibre à trouver entre contraintes, préservation du patrimoine et réinvention des espaces pour répondre aux besoins de demain.

Pourquoi les friches appellent un autre type d’accompagnement

Requalifier une fiche est rarement un projet “standard”. Comme le résume Claire Stutz :
« L’approche transverse d’UrbanVitaliz a vraiment un sens parce que les questions se posent sur tous les plans : pollution des sols, biodiversité existante, contrainte patrimoniale, réglementaire, financier, architectural, voire symbolique ou émotionnel. »

UrbanVitaliz : un conseil expert qui s’imbrique dans l’accompagnement local

UrbanVitaliz ne se substitue pas à l’expertise locale de la DDTM.

Pour la DDTM, le dépôt d’un dossier sur UrbanVitaliz joue souvent un rôle de signal :
« Le dépôt du dossier dans UrbanVitaliz nous alerte sur un projet et en même temps nous permet de rentrer en contact avec la collectivité»

L’un des apports majeurs d’UrbanVitaliz réside dans sa capacité à mobiliser rapidement les bonnes compétences, au bon moment.
« On identifie des gens, pas des services anonymes. On fait appel aux compétences qu’on connaît chez des individus spécifiques. »

UrbanVitaliz devient alors un espace commun de dialogue, où les contributions des référents territoriaux, des services métier de la DDT et des partenaires (ADEME, DRAC, Cerema…) peuvent être coordonnées et rendues lisibles pour la collectivité.

Sur des projets complexes, la coordination des acteurs est souvent un point de fragilité. UrbanVitaliz permet de partager un même dossier, avec un même niveau d’information, entre tous les acteurs concernés.

« Sans cette approche, ça aurait été plus compliqué : des échanges de mails, des échanges téléphoniques, des résumés à refaire… »

En articulant accompagnement territorial de proximité et conseil expert collaboratif, les collectivités disposent d’un cadre plus lisible, plus fluide et plus sécurisant pour faire émerger des projets adaptés à leur territoire.

Concrètement, pour une collectivité, le parcours peut ressembler à ceci :

  1. Un projet de friche émerge, souvent avec de nombreuses incertitudes
  2. La collectivité saisit UrbanVitaliz, service public gratuit
  3. UrbanVitaliz aide à qualifier le projet et oriente vers les bons acteurs
  4. La DDT intervient via son réseau territorial et ses services métier
  5. UrbanVitaliz facilite la coordination continue des expertises mobilisées